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Marocains, comment on compte vous terroriser ! (écrit le 23 février)


Photo de vandalisme le 20 Février 2011

1. S’accaparer la parole des marocains

Le 20 février est passé. Un ouf de soulagement est ressenti par tous ceux et toutes celles qui avaient des appréhensions quant aux buts non définies et flous des organisateurs de ce mouvement. Des marocains de tous bords se congratulent, « belle  leçon de démocratie », un « mouvement civil, jeune, responsable », « félicitations aux  pouvoirs publics d’avoir donné une image moderne du pays », etc…

Permettez-moi de vous dire, chers marocains et chères marocaines, que l’on vous a berné. Si les revendications étaient populistes, générales, sans plan d’action et sans structure, la raison était très simple : faire sortir le maximum de monde dans la rue afin de se créer une légitimité. C’est à partir de cette légitimité que le mouvement  du 20 février essaiera d’allumer l’étincelle de la Fitna.

Maintenant que nous avons signé un chèque blanc à un mouvement dont on ne connait pas réellement les méthodes d’action ni les motivations réelles ni comment il veut porter « notre » voix, préparez-vous chers compatriotes au pire.

2. Diviser les marocains

Connaissant la biographie et l’historique des organisateurs, on note facilement un fort référentiel idéologique. Sous couvert de « on a le droit de nous exprimer » que l’on a entendu le 20 février ; dans les prochains jours, vous verrez un mouvement qui scandera « on a le droit de nous exprimer au nom des marocains » et si vous pensez pouvoir dire non, vous deviendrez un « traitre », un « agent du makhzen » ou un « baltaji » pour faire à la mode.

Avec cette stratégie implacable, le mouvement du 20 février essaiera de diviser les marocains et de semer les graines de la fitna. Réussira-t-il? Je ne le pense pas, ces éléments à eux seuls sont insuffisants pour tromper le peuple marocain et fléchir son union.

3. Faire passer le Maroc pour ce qu’il n’est pas

D’où la troisième stratégie du groupe du 20 février : provoquer toutes actions qui  permettraient aux médias internationaux de faire le parallèle avec le Tunisie, l’Egypte ou la Lybie. Une petite recherche sur Youtube et vous trouverez une multitude de vidéos donnant la marche à suivre détaillée afin de faire entrer le Maroc dans un cycle de tourmentes et de violences sans fin avec en filigrane un « ce n’est pas nous, nous condamnons la violence !… »

Modèle préconisé? Les événements de Gdim Zdik à Laayoune !

Tout sera bon pour pointer du doigt un Maroc qui « ne respecte pas les droits de l’homme ». Nos ennemis s’en régaleront et la propagande algéro-polisarienne s’emballera pour porter des coups inespérés à des années de travail diplomatique mené par le Maroc.

4- Opportunisme politique, violences provoquées

Dans les prochains jours, vous verrez un mouvement qui commencera à essayer de planter des tentes dans les principales places du royaume, qui refusera de bouger et qui provoquera les autorités à chaque occasion, à l’affut d’une photo ou d’une vidéo qui fera les manchettes sur Al Jazeera, dans les premières pages de la presse espagnole, algérienne et mondiale. Des immolations seraient un « must » !

Voila ce qui nous attend tous. Nous sommes à un tournant historique qui risque de  faire ramener un  pays qui avance (lentement mais certes qui avance) 30 ans en arrière dans une spirale chaotique dont personne ne connaît l’issue. Un pays qui réalise tant avec peu. Un pays volontariste qui n’a aucun moyen de résister à une catastrophe économique où le tourisme serait à plat, où les investissements s’arrêteraient, où les citoyens auraient peur de sortir dans la rue, ou le régionalisme xénophobe reprendrait le dessus, et ou l’on risque tout simplement de permettre à nos ennemis de tracer nos frontières sud à Agadir.

Selon les dernières nouvelles, le mouvement fait des pieds et des mains pour inviter le plus de jeunes issus des bidonvilles, ceux-là qui n’ont rien à perdre, à rejoindre  la « cause ». Je vous laisse deviner la stratégie derrière cet appel et les buts escomptés…

Ce mouvement qui parle en notre nom et qui a compris qu’il n’a aucune chance de faire  adhérer les marocains à ses idées par le biais d’un parti politique ou en tant qu’association, suit un agenda excellemment étudié, parfaitement planifié avec un  jusqu’au-boutisme qui va en surprendre plus d’un, utilisant une certaine « jeunesse »  pour dégager un brin de romantisme touchant et galvanisant.

Marocains, marocaines, il va falloir beaucoup plus que des « dialogues » à coups de  « iLike » sur Facebook, il va falloir beaucoup plus qu’exprimer son indignation lorsque ces événements prendront une tournure dangereuse qui risquera de déstabiliser notre pays. A un moment donné, si l’on tient vraiment à la paix sociale, à l’intégrité de notre pays et à la tolérance qui fait la marque de fabrique de cette terre, il faudra dire « Stop », d’une seule voix, unanime et ferme. Il faudra expliquer à ce mouvement que la majorité silencieuse a décidé de ne plus être silencieuse et passive, il faudra expliquer en toute civilité, politesse et respect de l’autre que le Maroc n’est pas la Libye et que si nous sommes tous pour faire avancer plus vite notre pays, nous ne sommes pas prêts de le perdre dans le processus.

Je vous invite tous à être extrêmement vigilant les jours qui viennent et à vous exprimer haut et fort contre tout pourrissement de la situation et contre toute provocations et violences. Ce mouvement doit être tenu responsable par l’opinion publique pour tous actes de violence directe ou indirecte qui seraient engendrés suite aux manifestations. Le mouvement du 20 février a bénéficié d’un champ démocratique et libre pour exprimer ses opinions. Les marocains et le monde ont entendu leurs revendications, refusons tous que ces revendications se transforment en violence et exigeons que ce mouvement prenne le chemin de la démocratie pour faire valoir ses idées, et non le chemin du mimétisme béat et ceci, avant qu’il ne soit trop tard!

Nous sommes tous avertis.

Karim B.

 
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Publié par le 23 février 2011 dans Maroc

 

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