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Mouvement du 20 février: le grand test


Le rendez-vous a été donné, le 20 mars 2011, les jeunes du 20 février décident de sortir manifester malgré le discours de Mohamed 6 où le roi a tout mis sur table en ouvrant le champ à des réformes que les plus optimistes  des progressistes espéraient voir dans 20-30 ans. Tout y passe, attributs élargis pour le premier ministre, régionalisation, institutionnalisation de la langue Amazigh, séparation des pouvoirs, refonte du système judiciaire, etc.

Fidele à sa vision et sa méthodologie consultative, le roi a expressément étendu le champ du débat à toutes les composantes marocaines, des parties à la societé civile, en passant par les organisations des droits de l’homme, etc.

Le roi a clairement mis la balle dans notre camp. Une façon de confirmer au peuple que les marocains sont assez mûrs pour prendre en main leur destin et d’en dessiner les contours comme ils veulent avec en finalité un référendum populaire pour entériner le choix du peuple, dans sa composante majoritaire.

Au delà de l’importance de telles réformes qui ont toutes les chances de changer fondamentalement la relation gouvernant-gouverné et qui ont pour but de propulser le Maroc dans le club très fermé des démocraties au sens noble du terme, l’annonce de M6 a suscité une réaction nationale et internationale qui a confirmé la portée historique de ces réformes.

Vous l’aurez compris, le plus grand chantier de réforme du Maroc moderne est lancé et nous allons tous en être les acteurs principaux.

En s’inscrivant dans une logique nihiliste et en se mettant à contre-faux de ce courant réformiste que l’écrasante majorité des marocains appuie, le mouvement du 20 février risque de passer du mouvement par qui le changement est arrive à celui du mouvement que le changement dépassera.

Nous avons tous entendu ces derniers jours les « oui mais… », ou « pourquoi ferons-nous confiance au roi… », ou « une semaine après le discours du Roi, nous nous faisons toujours tabasser… », ou encore « le chômage n’est toujours pas résolu au Maroc… », etc.

En continuant à chercher des excuses afin de ne pas s’inscrire dans le débat de fond qui s’annonce et en se mettant volontairement hors de la méthodologie de consultation élargie qui se met en place, le mouvement du 20 février laisse parler son idéologie et affiche une politisation qui risque de nuire à son image neutre, jeune et apolitique.

Pour l’analogie sportive, le mouvement du 20 février a tout fait comme il fallait, les bonnes passes, les bons tirs, mais il risque de ne pas transformer l’essai et risque de se radicaliser en adoptant des positions démagogues, partisanes et idéologiques. On sait tous que le plein emploi, la santé gratuite, l’éradication de la corruption, etc. ne se réaliseront pas grâce à une baguette magique du  jour au lendemain. Faire de la matérialisation de ces demandes une condition sine qua none pour adhérer aux réformes qui s’annoncent relève de la démagogie pure et dure. Exiger du Roi de réaliser ces demandes immédiatement alors qu’on demande en même temps de lui relever ses pouvoirs exécutifs est aussi de la pure hypocrisie.

En résumé, le mouvement du 20 février aurait du capitaliser sur ses gains, c’était lui qui devait se transformer en mouvement du 9 mars en épousant cette démarche réformiste historique, il aurait du être le premier à applaudir le discours du roi, qui a répondu et excédé ses demandes et aurait dû être, aussi, le premier à s’accaparer cette flamme du changement en demandant aux forces nationales de se rallier derrière lui pour faire réussir ce projet historique.

Malheureusement, et comme cela était prévisible, l’idéologie de certaines composantes qui se sont greffés à ce mouvement est aujourd’hui devenue clairement prédominante et pousse ces jeunes dans des retranchements qui risquent de se retourner contre eux en détruisant le capital sympathie qu’ils ont gagné auprès du peuple. Et tout porte à croire que ça a déja commencé…

Les récentes agressions verbales par des leaders du 20 février et dont ont souffert des membres du mouvement du 9 mars démontrent malheureusement que ce mouvement est très loin de représenter tous les marocains et a du mal à accepter la réalité: le Maroc fera ses réformes évolutives dans la concertation, dans la paix sociale, dans le cadre des lois établis et surtout dans sa pluralité. Tout le monde n’aura pas tout ce qu’il veut, mais la majorité obtiendra ce qu’elle désire. Plus le mouvement du 20 février cherchera à reproduire un scénario sanglant à la tunisienne ou à l’égyptienne avec une touche de romantisme militant qui ne trompe personne, plus il s’isolera et plus de marocains rejoindront le mouvement du 9 mars. Ce dernier se compose de marocains qui ont décidé de se retrousser les manches, de laisser tomber les slogans et les idéologies et de faire porter leur voix par des propositions concrètes, réfléchies et non-démagogues. Je me joins à ce mouvement aujourd’hui. Le train quittera la gare bientôt et comme tout marocain, je ne veux pas rester sur le quai, avec des slogans comme seule réalisation. Le Maroc et les marocains méritent beaucoup mieux que ça.

Karim B.

 
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Publié par le 18 mars 2011 dans Maroc

 

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Lettre a « Ssi » Hicham…


Atypique le cas de notre Prince « Rouge » qui, depuis quelques semaines enchaîne déclarations et interviews pour nous donner sa vision « Stanfordienne » de ce que vit le Maroc. Une vraie « exception » marocaine…

Voyons de plus près, voila un Monsieur, pur produit du makhzen, ayant bénéficié de très grandes largesses de la fortune de son père feu Moulay Abdellah, de son titre princier, résidant depuis des décennies à l’étranger et n’ayant pas eu ni à vivre ni à participer sur le terrain aux changements et aux chantiers de réformes entrepris par le pays depuis bientôt 10 ans; qui nous explique, du haut de son titre de « Moulay » (dont il n’oserait se défaire bien entendu..), que la monarchie doit faire son « toilettage » interne et autour d’elle. Très noble me direz-vous. Mais voila une suggestion à notre prince auto-exilé : montrez-nous la voie a « Ssi hicham », commençons par « désacraliser » votre nom et votre titre, ensuite, pouvez-vous nous faire une déclaration de votre patrimoine et de son origine. Car si l’on connaît les détails des participations du Roi au pourcentage près dans les entreprises marocaines cotées à la bourse de casablanca, votre patrimoine, participations, entreprises, etc… est aussi opaque que l’eau du Bouregreg.

Voila deux mesures très simples qui nous permettront, à nous, marocains, de ne plus avoir deux mots suspendus dans notre subconscient à chaque fois que l’on entend un journaliste interviewer « Moulay Hicham », ces mots sont : Démagogie et Hypocrisie.

En ce qui concerne votre soutien au mouvement des jeunes du 20 février qui selon vous, constituent la chance du Maroc de demain, et dont vous faites (très bizarrement) la publicité durant vos interviews jusqu’à la vidéo youtube et le compte facebook, j’espère sincèrement que vous vous trompez, car entre des jeunes aux idées d’extrême gauche qui nous abreuvent de slogans et qui sont tout sauf représentatifs du marocain lambda et des jeunes d’al adl wal ihssane qui commencent déjà à nous donner un avant-goût de ce que pourrait être le Maroc de demain en nous expliquant qu’on doit détruire les mausolées (dont celui de votre grand-père…) ou bannir 2M parce que c’est « haram », on peut facilement s’aventurer à dire que le Maroc de demain a toutes les chances de devenir celui d’avant hier.

Je ne sais pas pourquoi, mais l’odeur de la machination « stanfordienne » commence à se propager. Surtout lorsque l’on lit que M. Benchemsi ex de Telquel, qui a un discours quasi-calqué au votre, est devenu lui aussi, par l’entremise d’une baguette magique, un chercheur à l’université de Standford ! Non non je ne rigole pas, lisez le dernier Le Monde…

Il n’y a pas que le Maroc à reformer côté clientélisme apparement, même au fin fond de la Californie, on peut passer de rédacteur en chef de magazine francophone à Casablanca à Chercheur anglophone à l’université de Stanford en 2 mois. Faut le faire !

Karim B.

 
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Publié par le 15 mars 2011 dans Maroc

 

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Marocains, comment on compte vous terroriser ! (écrit le 23 février)


Photo de vandalisme le 20 Février 2011

1. S’accaparer la parole des marocains

Le 20 février est passé. Un ouf de soulagement est ressenti par tous ceux et toutes celles qui avaient des appréhensions quant aux buts non définies et flous des organisateurs de ce mouvement. Des marocains de tous bords se congratulent, « belle  leçon de démocratie », un « mouvement civil, jeune, responsable », « félicitations aux  pouvoirs publics d’avoir donné une image moderne du pays », etc…

Permettez-moi de vous dire, chers marocains et chères marocaines, que l’on vous a berné. Si les revendications étaient populistes, générales, sans plan d’action et sans structure, la raison était très simple : faire sortir le maximum de monde dans la rue afin de se créer une légitimité. C’est à partir de cette légitimité que le mouvement  du 20 février essaiera d’allumer l’étincelle de la Fitna.

Maintenant que nous avons signé un chèque blanc à un mouvement dont on ne connait pas réellement les méthodes d’action ni les motivations réelles ni comment il veut porter « notre » voix, préparez-vous chers compatriotes au pire.

2. Diviser les marocains

Connaissant la biographie et l’historique des organisateurs, on note facilement un fort référentiel idéologique. Sous couvert de « on a le droit de nous exprimer » que l’on a entendu le 20 février ; dans les prochains jours, vous verrez un mouvement qui scandera « on a le droit de nous exprimer au nom des marocains » et si vous pensez pouvoir dire non, vous deviendrez un « traitre », un « agent du makhzen » ou un « baltaji » pour faire à la mode.

Avec cette stratégie implacable, le mouvement du 20 février essaiera de diviser les marocains et de semer les graines de la fitna. Réussira-t-il? Je ne le pense pas, ces éléments à eux seuls sont insuffisants pour tromper le peuple marocain et fléchir son union.

3. Faire passer le Maroc pour ce qu’il n’est pas

D’où la troisième stratégie du groupe du 20 février : provoquer toutes actions qui  permettraient aux médias internationaux de faire le parallèle avec le Tunisie, l’Egypte ou la Lybie. Une petite recherche sur Youtube et vous trouverez une multitude de vidéos donnant la marche à suivre détaillée afin de faire entrer le Maroc dans un cycle de tourmentes et de violences sans fin avec en filigrane un « ce n’est pas nous, nous condamnons la violence !… »

Modèle préconisé? Les événements de Gdim Zdik à Laayoune !

Tout sera bon pour pointer du doigt un Maroc qui « ne respecte pas les droits de l’homme ». Nos ennemis s’en régaleront et la propagande algéro-polisarienne s’emballera pour porter des coups inespérés à des années de travail diplomatique mené par le Maroc.

4- Opportunisme politique, violences provoquées

Dans les prochains jours, vous verrez un mouvement qui commencera à essayer de planter des tentes dans les principales places du royaume, qui refusera de bouger et qui provoquera les autorités à chaque occasion, à l’affut d’une photo ou d’une vidéo qui fera les manchettes sur Al Jazeera, dans les premières pages de la presse espagnole, algérienne et mondiale. Des immolations seraient un « must » !

Voila ce qui nous attend tous. Nous sommes à un tournant historique qui risque de  faire ramener un  pays qui avance (lentement mais certes qui avance) 30 ans en arrière dans une spirale chaotique dont personne ne connaît l’issue. Un pays qui réalise tant avec peu. Un pays volontariste qui n’a aucun moyen de résister à une catastrophe économique où le tourisme serait à plat, où les investissements s’arrêteraient, où les citoyens auraient peur de sortir dans la rue, ou le régionalisme xénophobe reprendrait le dessus, et ou l’on risque tout simplement de permettre à nos ennemis de tracer nos frontières sud à Agadir.

Selon les dernières nouvelles, le mouvement fait des pieds et des mains pour inviter le plus de jeunes issus des bidonvilles, ceux-là qui n’ont rien à perdre, à rejoindre  la « cause ». Je vous laisse deviner la stratégie derrière cet appel et les buts escomptés…

Ce mouvement qui parle en notre nom et qui a compris qu’il n’a aucune chance de faire  adhérer les marocains à ses idées par le biais d’un parti politique ou en tant qu’association, suit un agenda excellemment étudié, parfaitement planifié avec un  jusqu’au-boutisme qui va en surprendre plus d’un, utilisant une certaine « jeunesse »  pour dégager un brin de romantisme touchant et galvanisant.

Marocains, marocaines, il va falloir beaucoup plus que des « dialogues » à coups de  « iLike » sur Facebook, il va falloir beaucoup plus qu’exprimer son indignation lorsque ces événements prendront une tournure dangereuse qui risquera de déstabiliser notre pays. A un moment donné, si l’on tient vraiment à la paix sociale, à l’intégrité de notre pays et à la tolérance qui fait la marque de fabrique de cette terre, il faudra dire « Stop », d’une seule voix, unanime et ferme. Il faudra expliquer à ce mouvement que la majorité silencieuse a décidé de ne plus être silencieuse et passive, il faudra expliquer en toute civilité, politesse et respect de l’autre que le Maroc n’est pas la Libye et que si nous sommes tous pour faire avancer plus vite notre pays, nous ne sommes pas prêts de le perdre dans le processus.

Je vous invite tous à être extrêmement vigilant les jours qui viennent et à vous exprimer haut et fort contre tout pourrissement de la situation et contre toute provocations et violences. Ce mouvement doit être tenu responsable par l’opinion publique pour tous actes de violence directe ou indirecte qui seraient engendrés suite aux manifestations. Le mouvement du 20 février a bénéficié d’un champ démocratique et libre pour exprimer ses opinions. Les marocains et le monde ont entendu leurs revendications, refusons tous que ces revendications se transforment en violence et exigeons que ce mouvement prenne le chemin de la démocratie pour faire valoir ses idées, et non le chemin du mimétisme béat et ceci, avant qu’il ne soit trop tard!

Nous sommes tous avertis.

Karim B.

 
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Publié par le 23 février 2011 dans Maroc

 

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